Chroniques d'ailleurs...

mercredi 21 octobre 2009

"Mrs. Sen's" -- Jhumpa Lahiri

Je crois que l'on est faits pour toujours partir à la recherche de l'inconnu, toujours pourchasser ce quelque chose auquel on n'a jamais encore eu droit, inlassablement, sans même savoir si une fois après l'avoir obtenu pour toujours, on sortira plus heureux de cette quête réussie. Ce peut être une lueur qui nous a ébloui un jour, que l'on voudrait contempler toujours, sans savoir si à long terme elle nous brûlera la rétine ou nous réchauffera le coeur.

Le spleen de l'automne me pousse à écrire. L'ennui aussi, sûrement. Le gris, le froid, l'isolement surtout.

L'impression qu'ici, on est continuellement seul. Même au milieu des collègues auxquels on n'a pas forcément envie de parler, même dans le plus bondé des RER en heure de pointe le soir, quand les regards s'évitent et personne ne vous adresse la parole -- sauf les dalleux vicelards bien glauques -- on reste désespérément seul.

En rentrant chez soi, seul, quand on s'amuse à préparer un dîner original dans des proportions impressionnantes, en songeant à tous ceux que l'on aimerait recevoir à la maison ce soir, alors qu'au final on ne sera que trois, et les restes de ce repas gargantuesque traîneront deux jours dans le réfrigérateur.

Et, toujours seul, face à des bouquins aux centaines de pages et aux feuilles A4 qui se couvrent d'une minuscule écriture multicolore, on continue d'écrire.

Les nuits qui s'allongent, avec parallèlement le vide intérieur qui s'expand, les fêtes de fin d'année qui approchent, censées réunir les gens en famille pour passer de belles soirées...

Mon été n'aura peut-être été pour une grande partie que rêves et mensonges, avec cette kyrielle de personnes chéries que je continue à pourchasser, toujours en quête de cette grande famille à laquelle je n'ai jamais encore eu droit, inlassablement, alors que nul ne m'a recontacté depuis mon retour, au moins je n'étais pas seule. Jamais seule. Même dans une foule d'inconnus, au marché, dans les bus, je n'étais jamais uniquement un individu. J'appartenais à cette belle mosaïque d'ailleurs.

Sentiment de solitude que parfois, seul son souvenir arrive à éclipser.

C'est comme goûter à un 12 ans d'âge. Une fois l'ambre liquide savourée, impossible d'en oublier les essences et l'euphorie consécutive. Des années peuvent passer sans que le souvenir de cette ivresse ne s'efface.
J'ai eu le plaisir de goûter à nouveau à la mienne ; et la bouteille était toute aussi belle que l'ivresse exquise. Fébrilement attendue, passionnément aimée, sans limite aucune. Avant de raisonnablement m'en éloigner, liée par d'autres projets plus anciens, d'autres ambitions à assouvrir avant de pouvoir prétendre à succomber à nouveau et pour toujours à mon état de mal éthylique.

Etat de mal passionnel.
Futur Roi d'un royaume déjà conquis, destiné à attendre dans l'obscurité le moment où il pourra enfin se révéler et rayonner sur ma vie, nos existences croisées. Dans un monde où les gens ne sont jamais seuls.
So Splendorful...

Du thé pour dissiper cette mélancolie. Avec trop de gingembre, trop de cardamome, tant pis pour le sucre, on va en mettre trop aussi, pour se rapprocher au maximum de la saveur adorée deux à trois fois par jour il n'y a pas si longtemps.
Et retourner à ce gros bouquin jaune qu'il faudra vaincre au plus vite.

Posté par Tamilselvi à 16:11 - *~* Universe & U *~* - Commentaires [1] - Rétroliens [0]


mercredi 6 février 2008

Just like stars burning bright...

Les deux mois devinrent trois, mais au final, je suis partie pour ne pas revenir… Comment parler de retour quand un peu de soi est resté là bas ?

Ma foutue peur de l’engagement me fait gentiment sourire après coup… Vingt-neuf jours après les premiers mots, voilà que j’ai consenti à l’engagement le plus inattendu qui soit, la décision la plus folle de ma vie, la bifurcation qui fait tout concevoir autrement, avec l’illusion de garder le contrôle alors que par tant de fois, ce quelque chose qui nous échappe, que je ne saurais appeler autrement que le destin auquel je ne crois pas, semble guider le moindre de nos gestes et pas.

La tristesse, la mélancolie, les explosions de joie, je sais écrire, mais là, ce bonheur exquis, intime, inconnu, n’arrivait pas à s’exprimer par mes pianotages de clavier, et n’y arrive toujours pas d’ailleurs. Alors je ne l’écrirai pas. Parler de tout le reste sans l’évoquer me parait inutile, ça serait comme décrire le papier doré qui emballe un Ferrero Rocher sans parler du chocolat, ça serait fade car on serait passé à côté de l’essentiel…

J’ignore si l’envie me reprendra de continuer à m’étaler… A force de m’étaler en usant de tous les moyens de communication qui réussissent à nous relier, j’en perds le désir d’écrire ici…

Posté par Tamilselvi à 16:25 - *~* Universe & U *~* - Commentaires [1] - Rétroliens [0]

jeudi 7 juin 2007

Retour dans deux mois...

Pas douée comme je suis, j'ai planté le plus bêtement du monde mon ordi et me voilà condamnée à squatter la salle info des Cordeliers pour vérifier mails, télécharger ronéos et vérifier infos foruméennes... super con de ne plus avoir le net si près de la fin.

Une heure de sommeil dans les yeux, et comme j'ai rêvé de néphrons pendant cette heure, ça ne compte même pas. Une demi ligne de bus, 27 stations de métro, KT Tunstall, Lily Allen et Mika dans l'oreille pour me tenir éveillée, un vaccin contre la rage, et enfin je suis posée pour quelques minutes afin de poster un dernier message avant le départ.

Tout est en J moins désormais, J-4 avant les foutus partiels, J-6 avant le resto jap' tant attendu, après l'épreuve d'anglais qui ne devrait être que du pur tourisme si tout va bien, et dans 12 jours déjà, le grand départ.
L'angoisse.
19 ans et c'est la première fois que je m'exile sans personne à mes côtés pour me guider en me tenant par la main.
L'angoisse, bien plus forte que l'excitation.
Peur de comment je pourrais réagir, peur, parce que là bas c'est comme si mes émotions étaient décuplées, je parle, pleure, hurle et rire tellement plus, sans raisons. Peur que mon côté chieuse prenne le dessus, peur de l'intimité, j'ai tellement tendance à fuir les gens et à mythonner dès qu'on est trop près, mais là, plus le choix, à sept dans la même maison. Sans le garde-fou/défouloir que reprépensent mes parents, meilleurs amis et meilleurs ennemis à la fois...
Et en même temps, curiosité. Envie de savoir si l'alchimie rêvée aura lieu au sein de l'équipe...
Puis l'égoïsme aussi, quelque part. Parce que j'ai envie d'y être et de les retrouver, et de faire mon deuil, enfin vraiment.

Et heureusement, la satisfaction de savoir qu'on part pour quelque chose de bien. Un terrain à acheter pour bâtir un dispensaire dans un village de pêcheurs près de Pondicherry. Des journées de sensibilisation à l'hygiène dans un collège de filles. Des responsables des autorités locales à rencontrer, jouer la mondaine qui gère, qui se fait écouter, tout ça pour une belle cause humaine. Et c'est ça qui motive. Qui nous pousse à faire la folie de nous engager.

Dans un sens, quand on s'engage, on promet son soi de demain à quelqu'un ou quelque chose de loin, d'inconnu, de façon à ce qu'une fois arrivé à l'échéance, on ne puisse plus reculer. Puis il y a un truc bizarre avec cette notion, c'est que tu t'engages parce que tu crois en quelque chose, et parce qu'hier tu y croyais, aujourd'hui tu poursuis tes objectifs, alors que t'as aucune garantie d'obtenir ce que tu veux, ou même que ce en quoi tu croyais était réel... Ca me perturbe, je suis pas une fille qui croit, j'aime savoir, me fonder sur des certitudes...
J'ai été tentée de lâcher l'affaire, quand le projet buguait, quand tout s'annulait d'un coup, quand les coups de blues assombrissaient l'avenir. Mais toujours cette promesse sous-entendue, faite à moi-même, qui me retenait. Et maintenant nous voilà donc arrivés à cette limite. Plus le choix, reste à mettre en oeuvre tout ce qu'on a projeté jusqu'à présent. Toutes ces chimères qui vont prendre forme et vie, tous ces €uros collectés un à un au prix d'heures d'emballage, d'ensachage, de ventes de gâteaux, de muguet, et de prises de tête en tous genres, tout qui se concrétise et qui va aider. C'est beau.

Le meilleur est donc à venir, avec toutes les prises de risques et tous les imprévus sous-jacents. Et le noeud dans la gorge, forcément.

A très bientôt, bises à tous, et une grande pensée pour les galériens de P2 (aaaaaah l'immunooooo), puis aux autres aussi (mais surtout aux carabins :P)

+++

Posté par Tamilselvi à 13:32 - °~° City of Delusion °~° - Commentaires [3] - Rétroliens [0]

jeudi 3 mai 2007

IVG

"Non, ne vous en faites pas, je tomberais pas dans les pommes."

Le bruit que l'on fait quand on aspire une boisson avec une paille quand on arrive au fond du verre, et qu'il y a plus d'air que de liquide aspiré.

Des dizaines de millilitres de ce liquide hétérogène, de l'écarlate, du carmin, le réservoir qui se remplit, puis la petite masse jaunâtre qui y atterrit, enfin, arrosée d'une nouvelle cataracte rougeâtre.

Les doigts qui glissent tous seuls grâce au sang et à la betadine, swwwip, le col de l'utérus est sous la pulpe de mon index et de mon majeur. Le plaisir et la curiosité de mettre en pratique le geste enseigné lors de cours magistraux.

Et au final, étalé sur une tablette, un puzzle a reconstituer, les pièces pataugent dans le sang, ici un bras, les doigts minuscules que l'on distingue tellement bien, là des fragments de fémur, une cage thoracique, l'embryon à la morphologie déjà si humaine à seulement 10 semaines de grossesse nous étonne, écoeure, fascine.

A raconter, c'est génial ; l'incrustation dans un bloc voisin nous a permis d'avoir enfin droit au gore et au sang dont on était tellement avides en débarquant en chirurgie ortho. Mais avec un peu de recul, des questions enfouies se mettent à surnager. On se met à la place de la femme, on se demande ce qui l'a poussée à avorter, comment elle aurait réagi si elle avait su qu'on serait là pour l'intervention et qu'on l'examinerait, et si seulement elle pouvait savoir à quel point elle aura marqué la petite touriste de P2 que je suis, pour la journée et sûrement bien plus longtemps. Première intervention gynéco, premier IVG et premier TV, et bien évidemment l'image de ces morceaux d'embryon sur la surface rouge sombre.

Je ne suis pas tombée sous les pommes, j'ai juste beaucoup aimé, aimé apprendre aux côtés de cette sympathique équipe médicale, aimé comprendre comment ça marche en pratique, l'IVG par aspiration.

Déjà hâte d'y retourner.

C'est beau les stages de sémio :)

Posté par Tamilselvi à 18:34 - °~° City of Delusion °~° - Commentaires [4] - Rétroliens [0]

vendredi 13 avril 2007

Au milieu des Cartons

Les vacances sont enfin là, après de folles (ré)visions intensives et des partiels à peu près assurés. Me voilà face à encore de longues et belles journées rien que pour moi, ou presque. Programmation de quelques retours à l'auto-école, et un peu d'ensachage à Monoprix pour récolter de la thune pour le projet, toujours… vu que l'annulation du spectacle va causer un trou dans le budget. Malheureux concours de circonstances, ou comment l'arrestation abusive de 17 tamouls peut avoir des conséquences aussi variées qu'imprévues. C'est bien moins grave pour nous que pour eux, faut savoir relativiser, il n'empêche que l'avortement de l'embryon de spectacle que l'on préparait depuis si longtemps m'a rappelé à quel point je déteste ne pas avoir le contrôle total de ce qui peut découler de mes décisions. C'est triste quand ça se brise d'un coup.
Le projet en lui-même commence ça m'inquiéter, je sais que je n'ai aucune légitimité à donner des ordres ou à diriger quoi que ce soit, mais je connais un minimum l'Inde, je connais ses gens, et la peur latente que ça vire à Koh-Lanta s'infiltre doucement…

Les vacances me donnent aussi l'occasion de préparer mes cartons pour le déménagement déjà proche. J'ai commencé à virer les étages les plus hauts de mes étagères, débarrasser ces planches des boîtes et bouquins auxquels je n'ai pas touché depuis qu'ont s'est installés ici. Recouverts d'une  couche de poussière tellement épaisse et dense que je suis désormais certaine de ne pas être allergique à la poussière.

Des boîtes avec des lettres de divers amis du primaire, 1996, 1997, les années qui défilent, les longues lettres signées "ta meilleure amie", alors que je suis persuadée que ces filles ne se rappellent plus de moi. Si elles n'ont pas déménagé, c'est qu'elles vivent encore dans mon patelin, comme elle, que je croise de temps en temps, qui a tellement changé et qui ne me reconnaît plus. Elle m'a adressé le "merci" poli et impersonnel que l'on destine aux inconnus, un jour en sortant d'un bus parce que je l'avais laissée passer devant moi, alors qu'il fut un temps où nous partagions rires, secrets et Barquettes au chocolat. Voilà où ça en est, dix ans après ces lettres pleines de gentillesse enfantine, écrite au stylo plume avec les majuscules en rouge, avec toujours la trace des traits tracés au crayon pour écrire droit sur une feuille blanche, sauf quand bien évidemment on avait réussi à taxer une feuille de classeur A4 à grands carreaux à la grande sœur, pour écrire ces banalités pourtant tellement agréables à recevoir, lire et relire quand on est gamine. Recevoir surtout. Le plaisir d'avoir du courrier personnel. Même si l'on vous oublie vite après.

J'aime à croire que ce n'est plus pareil aujourd'hui. On a grandi, acquis assez d'expérience pour connaître un tant soit peu la valeur des relations humaines, et il existe tellement de facilités pour ne pas se perdre de vue, numéros de portable, mail, MSN… Puis inutile de préciser qu'en ce qui concerne les amis de la promo, on est destinés (condamnés ? ;)) à se côtoyer pendant les 4 années qui viennent, et plus si affinités, alors on ne risque pas de trop s'en éloigner… heureusement d'ailleurs :)

J'ai Baba O' Riley des Who qui m'emplit les oreilles… Superbe chanson découverte grâce à ma nouvelle folie télévisuelle, Dr. [H]ouse ou [H]ouse M.D. pour les amateurs de VO. Voilà qu'en quelques semaines je suis tombée sous le charme du Dr. House, la complexité du personnage qui le rend si attachant, ses répliques drôles, ironiques et acerbes et ses diagnostics différentiels qui me font réviser ma sémio… Soirée House sur TF1 la nuit de mercredi à jeudi, avec notamment un premier épisode à couper le souffle tant son scénario est bien élaboré, et le second parfait pour achever la saison 1 en beauté. Je vous invite à jeter un œil sur les critiques postées sur ce blog, très détaillées et pertinentes, puis aussi ici et et encore là (yiiiihaaaa) pour admirer le génialissime House brillamment interprété par Hugh Laurie…

J'ai aussi réussi à achever la saison 2 de Prison Break, une chute époustouflante et des personnages secondaires toujours plus attachants (gros coup de cœur pour Mahone et Kellermann), reste maintenant à attendre l'automne pour découvrir la suite, et résister à l'envie de spoiler tout le monde :P

Ça a l'air pitoyable, ce que je raconte. Deux semaines de vacances ensoleillées et je ne trouve rien d'autre à faire que mater mes séries sur Dailymotion. J'aime ça.

Le week-end dernier, j'ai fait visiter Paris à la fille d'un ami de mon père, 21 ans, avocate fille d'avocats, venue d'Inde pour un concours à Vienne, bref, vous imaginez le genre. J'ai sorti le grand jeu, tour Eiffel, St-Michel, Notre-Dame, Luxembourg, Sacré Cœur et Louvre en plein week-end de Pâques en me forçant à être de bonne humeur, à sourire alors que j'en ai pas envie, à essayer de combler les blancs alors que j'ai rien à dire. Et voilà que la demoiselle, le dernier soir, me dit sur le ton de la rigolade que je dois être la personne la plus sérieuse et fermée de la famille. Traduction en langage soutenu : ma pauvre fille, tu es bien peu sociable.
Mouais. J'assume, j'aime pas avoir à passer mes journées avec des gens dont la compagnie m'est imposée. Je ne supporte pas de ne pas pouvoir distiller un peu de mauvaise humeur, de vannes et de blagues pas drôles tout au long de la journée, et plus que tout, je crois que j'ai un seuil quotidien de "putain" en dessous duquel je me sens pas bien. Comme la politesse m'interdisait d'explorer mon registre de vulgarités tamoul en sa présence, j'étais forcément d'humeur morose en fin de journée… CQFD. Puis souvent je me fous bien de ce que les gens peuvent penser de moi tant que ce que je fais me paraît légitime. Ce n'est pas l'image de moi que j'ai donné à cette fille qui m'est totalement indifférente qui va me faire me remettre en question, mais je dois avouer que sur le coup, sa remarque m'a un peu cassée… Soit je deviens moins bonne actrice, soit je ne sais plus jouer les hypocrites. Ce qui n'est pas si mal que ça en fin de compte.

Quoiqu'il en soit, non, je ne suis pas si asociale que ça la plupart du temps, j'aime les gens dans l'absolu, et je crois sincèrement que je ne finirai pas comme le stéréotype de la vieille fille aigrie et sans vie qui mate la 15ème saison de Grey's Anatomy avec son pot de glace Cookies & Cream à portée de main et en sirotant je ne sais quel breuvage… Dans un plus tard que j'espère proche, on se fera des soirées Bucket KFC avec Corail et Dhana, on rira de la fac et de nos vies avec les amis des Saints-Pères, on se fera enfin un resto africain avec Kieva, on ira au Luxembourg, au ciné, n'importe où, puis il y aura peut-être le quelqu'un qui vaincra mon célibat congénital… ou pas, peu importe, dans l'immédiat.

On croise plein de sortes de gens au cours d'une petite existence. Parmi elles, il y a notamment les personnes qui vous ont connu depuis les premiers jours de votre vie, mais qui depuis ont été tant de fois absentes, qui ont raté tellement de choses importantes que l'on dirait que vous n'avez plus rien en commun.

Puis il y a ceux que vous avez appris à connaître depuis seulement 4-5 ans, parfois plus, souvent moins, parfois juste quelques mois, ou seulement par intermittences, mais qui sont si impliqués dans votre vie durant le peu de temps qu'ils passent à vos côtés que vous n'avez rien envie de leur cacher, s'ouvrir à eux est si facile.

Il y a les amis qui pensent à votre anniversaire alors que vous n'avez partagé que quelques mois, qu'une classe, un banc, quelques repas ou des journées de stage à Tarnier.

Et il y a la sœur qui vous a vue faire vos premiers pas, vous a enseigné l'alphabet et les tables de multiplications quand vous étiez gosse, et qui vous dit avec légèreté que malgré tous les post-its, mémos, messages d'alerte sur internet, elle n'a pas pensé à vous appeler. Comme si l'on avait besoin de post-it pour se rappeler du jour où quelqu'un est sorti de l'utérus de votre mère de votre vivant. Peut-être bien que c'est la seule chose qui nous relie encore. Le fait d'avoir passé près de 300 jours dans le même utérus.

Les amis ont l'avantage de ne pas vous être imposés, c'est une famille que l'on se choisit parfois, qui se constitue par hasard souvent. Le hasard d'une rencontre, telle Pastille que le tutorat m'a permis de connaître, un concours de circonstances, une place en amphi – ce n'est pas Pain de Mie qui dira le contraire ;)

Et même si des bouts de cette famille particulière peuvent s'égarer en cours de route, je crois que malgré tout, on ne cesse jamais vraiment d'aimer le souvenir qu'on a d'eux.

Peut-être a-t-elle elle aussi gardé ces lettres que je signais d'un habile mensonge dont je n'étais alors pas consciente, tout comme elle autrefois.

Posté par Tamilselvi à 15:40 - °~° City of Delusion °~° - Commentaires [4] - Rétroliens [0]